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Le véritable CV d'Arnaud Rebotini

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Le véritable CV d'Arnaud Rebotini

Le 29.01.19

Chaque mois, Sparse repeint le portrait d'un artiste de la programmation. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir, sans avoir osé le demander...


L’homme le plus classe du monde

Arnaud Rebotini est né à Nancy, dans le far-est. Très jeune, il a été obligé de fuir face à l'arrivée des Panzer pour aller bosser à la capitale. Quoique la date de 1970 comme année de naissance sur le passeport du bonhomme me fait douter de la véracité de l'anecdote... bref.

À Paname, il se retrouve à vendre des disques chez Rough Trade. Y'a pire comme job. C’est de là que lui vient sa connaissance encyclopédique de la musique, dans tous les styles, pas seulement le sien. Son collègue à l’époque n’est autre qu’Ivan Smagghe, l'autre moustache légendaire de l’electro française (à moins qu'on considère que Charlie Oleg fait de l'electro). Les deux potes, nourris à la musique qu'ils reçoivent tous les jours au boulot, montent Blackstrobe, combo légendaire de l’electro française à la fin des 90’s. Ils s'embrouillent sur la marque de gomina à utiliser en concert et se séparent en 2007. Arnaud ne met que de la Sweet Georgia Brown, faut pas me l’énerver.

Il continue à faire vivre Blackstrobe de son côté avec d'autres zikos, mais avance aussi en solo pour le plus grand bonheur des amoureux du bon goût, Cesar 2018 de la meilleure musique de film dans la poche à l’appui.

Quand Arnaud rentre dans la pièce, le soleil ne passe plus dans entrebâillure de la porte (ça faisait longtemps que t'avais pas lu le mot entrebâillure, hein ?).
Une masse. 1m96 de barbac tout en classe. Parce qu'Arnaud, c'est des costards cintrés et des chemises impeccablement repassées. Il ne vient pas jouer en survet’ le mec. « À 40 ans normalement t'arrêtes de porter des t-shirts de fan », me glissa-t-il un soir de concert où nous le croisâmes (bim, subjonctif) à Besançon, tandis que je me trimballais avec mon t-shirt préféré des Musclés. Celui avec le loup enlacé à Framboisier.

C'est pas la raquette qui fait le tennisman mais c'est pas non plus le costard qui fait l'homme. On a l'impression qu'il aurait la classe même en tong et slip de bain, le Nono. Sur scène, Rebotini est magnétique. Entouré de sa dizaine de synthés analogiques, il tourne, sue, danse, martèle les claviers... Il vit son live. Il flambe le club. Il EST le club. Je n’écoute pratiquement pas d’electro et pourtant le jour où je l’ai vu en live, il m’a aimanté. Ou plus exactement l’alcool et lui m’ont aimanté. Une techno lourde et ronde, jamais putassière, ce qui est important pour des gens bien élevés comme nous. Et le tout en analogique. Pas besoin d'ordinateur pour Arnaud. Bon, quand il était petit, il avait un Amstrad, mais il marchait pas bien. Ça vient peut-être de là.

Chablis Winston